← Tous les articles
·5 min de lecture

Sous-traiter la conception de ses formations : le guide pour les organismes de formation

Dans la plupart des organismes de formation, les mêmes personnes vendent, conçoivent et animent. Résultat : la conception, celle qui ne rapporte rien tant qu'elle n'est pas terminée, passe toujours en dernier. Les programmes vieillissent, les nouvelles demandes s'empilent, et on refuse des marchés faute de contenu prêt. La sous-traitance de conception existe précisément pour ça, et elle est plus courante que vous ne le pensez.

Ce qu'on peut déléguer, ce qu'on doit garder

Se délègue très bien : l'ingénierie pédagogique (objectifs, progression, séquençage), la rédaction des supports apprenants et des guides animateurs, la conception des évaluations, la mise à jour de programmes existants, la déclinaison d'un programme en plusieurs formats (présentiel, distanciel, mixte).

Ne se délègue pas : votre relation client, votre positionnement commercial, et l'animation elle-même si elle fait votre réputation. Le concepteur travaille en coulisses, sous votre marque. Vos clients n'ont pas à savoir qu'il existe, et un bon concepteur l'accepte contractuellement.

Comment ça se passe, concrètement

  • Le brief. Vous décrivez le public, la durée, les objectifs, le contexte du client final. Une bonne conception commence par un brief d'une heure, pas par un bon de commande.
  • La conception. Le concepteur produit le déroulé, les supports et les évaluations. Comptez de deux à quatre semaines pour une journée de formation, selon la matière à digérer.
  • L'aller-retour. Vous relisez, il ajuste. Un cycle de révision est normalement inclus dans le forfait.
  • La livraison en marque blanche. Les documents arrivent à vos couleurs ou prêts à l'être, dans des formats que vous pouvez modifier.

Combien ça coûte, et comment le rentabiliser

Une conception sur mesure exclusive se négocie généralement entre 2 000 et 6 000 euros la journée de formation conçue, moins si vous acceptez un contenu sur catalogue non exclusif. La question utile n'est pas "est-ce cher" mais "combien de fois vais-je la vendre". Une journée de formation vendue 1 500 euros et animée dix fois rembourse sa conception dès les premières sessions, et tout le reste est de la marge.

L'autre calcul honnête : le coût de ne pas le faire. Un marché refusé faute de contenu prêt, c'est souvent le prix d'une conception entière, perdu en une seule fois.

Les pièges du contrat

  • Les droits de propriété. Exclusif ou pas, modifiable ou pas, revendable ou pas : exigez-le par écrit. Le flou juridique sur un contenu que vous vendez sous votre marque est une bombe à retardement.
  • Le diaporama déguisé. Si les livrables ne comprennent ni guide animateur ni évaluations, ce n'est pas une conception de formation, c'est de la mise en page.
  • Le concepteur hors sol. Demandez ce que la personne a fait avant de concevoir des formations. L'expérience réelle du sujet enseigné se sent dans chaque cas pratique.
  • La dépendance. Vous devez pouvoir modifier et faire vivre le contenu sans repasser par le concepteur. Formats ouverts et fichiers sources font partie d'une livraison sérieuse.

Par où commencer

Ne commencez pas par votre programme phare : commencez par le contenu que vous repoussez depuis des mois, celui qui bloque un marché ou fatigue un formateur. C'est le test idéal : enjeu réel, périmètre limité. Si la collaboration fonctionne, vous saurez à qui confier la suite.

— Besoin d'un contenu prêt à animer ?

Parlons-en. 20 minutes, gratuit.

Décrivez votre besoin en quelques lignes : thème, public, durée. Je vous réponds avec un premier regard honnête sur ce qui est réaliste, et par où commencer.

Écrire à Laura